Protégeons les travailleuses de l’économie domestique, vite !

La crise sanitaire, sociale et économique liée à la pandémie de Covid-19 frappe très durement les catégories de salarié-e-s précarisées. Parmi celles-ci, les employées domestiques, qui cumulent pour la plupart d’entre-elles diverses formes de précarité : de l’emploi, du statut de séjour, du logement, de la couverture sociale, y compris en termes d’accès aux soins. Pour y faire face, le SIT a adressé 10 revendications au Conseil d’Etat, dont la création d’une allocation temporaire cantonale de pandémie.

Réalisant des tâches essentielles au fonctionnement de la société, comme la garde d’enfant, l’assistance et aide dans les tâches de la vie quotidienne aux personnes âgées, handicapées ou malades, les travailleuses de l’économie domestique se retrouvent aujourd’hui au cœur du dispositif de lutte contre la pandémie, le domicile des gens, sans aucune de forme de protection, ni sanitaire ni de leur revenu. Le SIT appelle le Conseil d’Etat à prendre des mesures urgentes.

Situations dramatiques
Ainsi, depuis le 16 mars dernier, des dizaines d’appels parviennent chaque jour au syndicat, d’employées domestiques licenciées ou perdant des heures de travail du jour au lendemain en raison de la pandémie, soit parce que leurs employeurs craignent la contamination, soit parce qu’eux-elles mêmes confiné-e-s en télétravail ou en RHT, ils-elles renoncent aux services principalement de ménage et/ou de garde d’enfants.
Pour celles qui demeurent actives parce qu’en charge d’enfants, de personnes malades ou âgées, c’est la peur au ventre qu’elles se rendent chaque jour au travail : la peur de contaminer le foyer où elles travaillent, ou de tomber soi-même malade et de rester sans revenu.

Dispositif fédéral inadapté
Les employées de maison étant sous contrat avec des personnes privées ne peuvent prétendre à l’indemnité en cas de RHT, indemnité réservée aux entreprises produisant bien et services. L’accès au chômage ou aux APG est également difficile pour ne pas dire impossible, en raison des caractéristiques structurelles du secteur : persistance du travail non déclaré aux assurances sociales, difficultés à établir la perte de gain effective en raison de l’absence de fiches de salaires, de contrats écrits, et de stabilité dans le nombre d’heure travaillées, le plus souvent auprès de plusieurs employeurs.
A cela s’ajoute également l’absence de permis de séjour pour encore bon nombre d’entre-elles, ce qui leur ferme l’accès aux assurances sociales même lorsque les cotisations sont prélevées et versées.

10 mesures urgentes
Le SIT a donc adressé ce jour un courrier au Conseil d’Etat genevois assorti de 10 revendications (cliquez ici), tournant sur trois axes essentiels :

- Reconnaître le caractère essentiel pour la collectivité des tâches de soins et d’assistance à des personnes dépendantes (enfants, personnes âgées, malade ou souffrant d’un handicap) réalisées par des employées domestiques, et leur garantir des mesures de protection sanitaire identiques au personnel de l’IMAD.

- Interdire temporairement les autres activités non essentielles de l’économie domestique, de manière à protéger la santé tant des employées que des employeurs, et à concourir à la limitation de la propagation du coronavirus Covid-19.

- Accorder aux employées de l’économie domestique, et possiblement à tous-tes les travailleurs-euses précarisé-e-s, quel que soit leur statut de séjour, une allocation temporaire cantonale de pandémie forfaitaire garantissant un revenu d’existence minimal, subsidiaire au dispositif d’assurances sociales fédéral. Cette demande s’inscrit dans la revendication de la CGAS d’institution d’un fonds cantonal pour les exclu-e-s du dispositif fédéral d’assurances sociales ordinaires et extraordinaires.

Le SIT est convaincu que ces proposions sont les plus à même de protéger de manière urgente la santé, le revenu et l’emploi de cette catégories de salariées parmi les plus précarisées du canton, et qui pourtant répondent à un besoin essentiel de la population.

Communiqué de presse du 2 avril 2020
Téléchargez les 10 mesures urgentes ici.



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