Communiqué de presse du 27 septembre 2020

Victoire historique pour les travailleuses et travailleurs !

Par 57,8% de OUI à l’initiative « 23 frs, c’est un minimum » et 68% de NON à l’initiative « de limitation », Genève vient de donner un signal clair au patronat et à toutes celles et ceux qui tentent de dresser les salarié-e-s les un-e-s contre les autres : contre la précarité et les abus patronaux, ce sont les salaires qu’il faut protéger et non les frontières.

OUI au salaire minimum légal !

Après deux échecs en 2011 puis en 2014, les citoyen-ne-s du canton ont dit OUI à l’instauration d’un salaire minimum légal de 23frs de l’heure à Genève. Pour les salarié-e-s et les syndicats, c’est une victoire historique, dont profiteront directement 30’000 salarié-e-s, dont 2/3 de femmes, ainsi que des métiers dont l’apport essentiel au fonctionnement de la société a été mis en lumière par la crise du Covid.

Cet excellent résultat démontre qu’une majorité de Genevois-es ne sont plus dupes du chantage à l’emploi et du discours de la droite et du patronat sur les vertus du « partenariat social ». Car un « partenariat » qui ne répond qu’aux intérêts du patronat, des actionnaires et des riches sans tenir compte des besoins les plus élémentaires des salarié-e-s, dont celui de pouvoir vivre dignement de son travail, est devenu au fil du temps une potion imbuvable.

NON à la division des salarié-e-s

Les salarié-e-s ont également compris que face aux abus patronaux, les recettes xénophobes de l’extrême droite sont à rejeter. La seule réponse constructive possible est le refus des divisions et l’égalité des droits des travailleurs-euses, sans considération de permis et de passeport, et le renforcement des dispositifs de protection des salaires, dont l’instauration d’un salaire minimum légal. Avec le refus de l’initiative « de limitation » et l’acceptation de l’initiative syndicale sur le salaire minimum, un pas important historique dans cette direction a été fait aujourd’hui.

Mais pour le SIT, ce combat n’en est pas terminé pour autant. Nous continuerons à nous battre pour le renforcement des mesures de protection et d’accompagnement, à dénoncer les abus patronaux - pour des hausses de salaires dans toutes les branches, pour l’égalité salariale entre hommes et femmes, pour combler les lacunes béantes dans le filet de protection sociale que la crise du Covid a révélées au grand jour (entre autres avec les files d’attente pour la distribution alimentaire), et pour un véritable plan pour l’emploi dont Genève doit maintenant se doter pour faire face à la crise économique et à la crise climatique.

Crise qui risque d’être aggravée par les mesures annoncées par le Conseil d’État et par le Conseil municipal de la Ville de Genève dans le cadre de leurs projets de budgets 2021 respectifs : gel des salaires en Ville, et baisse des salaires pour la fonction publique cantonale, dont le personnel soignant applaudi tous les soirs pendant le confinement. Une attaque sans précédent aux conditions de travail de la fonction publique, que l’acceptation de l’initiative « Zér0 pertes », refusée de peu dans les urnes, aurait certainement pu conjurer.

Appel à mobilisation

Cette victoire n’aurait pas été possible sans l’engagement des membres et des militant-e-s du syndicat. Aujourd’hui, cette victoire est la leur. Mais le combat pour une meilleure répartition des richesses est encore long et nécessite de poursuivre et de renforcer la mobilisation des salarié-e-s. Parce que la lutte paie, le SIT appelle tous-tes les salarié-e-s de ce canton à nous rejoindre dans ce combat.

Pour le SIT,
Manuela Cattani
Co-secrétaire générale



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