Pour de meilleures conditions de travail ! Le travail nous rend-il malade ?

Suite à la conférence qui s’est tenue le 26 avril dernier au SIT et destinée au personnel travaillant dans les secteurs de la santé ou du social, nous pouvons retenir plusieurs enseignements prononcés par Mme Barbara Zbinden, coordinatrice de la CORAASP (Coordination romande des associations d’action pour la santé psychique).

Lien vers la version imprimable de cette conférence

Face à la dérive utilitariste qui rabaisse l’être humain à l’état de « Chose », nous subissons toutes et toutes les mêmes pressions psychologiques qui affectent notre santé.

Les personnes qui ne correspondent pas aux profils professionnels édictés par les employeurs - toujours plus exigeants - sont écartées du marché du travail. Les personnes atteintes dans leur santé psychique ou physique sont priées de recouvrer leur santé dans des délais toujours plus courts. Le personnel soignant, aidant ou travaillant dans l’administration publique se voit dans l’obligation de faire toujours plus, toujours mieux, avec moins de moyens. Il faut certes continuer à aider, soigner, accompagner, intégrer, réintégrer, les populations fragilisées par les règles du marché mais avec efficience ! C’est un bouleversement éthique auquel les professionnels de la santé et du social doivent faire face. C’est un choc qui conduit de plus en plus de personnes vers une perte de sens de leur travail car les pratiques professionnelles exigées par les hiérarchies entrent en conflit avec les valeurs fondatrices des services publics.

Comment se prémunir ?

Avant tout, il s’agit de sortir de l’isolement et parler des causes qui affectent notre santé. Comme par exemple des journées de travail trop longues, des directives couperet imposées par une hiérarchie mal identifiée, des brimades, des cadences infernales, un licenciement etc.

Puis, il est indispensable d’agir sur les structures pour tendre à l’amélioration des conditions de travail. Par amélioration des conditions de travail, il faut comprendre certes les prestations salariales et la durée du temps de travail mais également la protection des salarié-e-s contre l’arbitraire durant toute la durée des rapports de service, le droit à un salaire digne et équitable, l’accès à la formation professionnelle, l’aménagement du temps de travail permettant l’articulation avec la vie privée, la protection de la santé et de la personnalité, l’interdiction des discriminations entre hommes et femmes.

L’action syndicale, parce qu’elle permet aux salarié-e-s de se réunir, de s’organiser pour identifier les dysfonctionnements, de les dénoncer pour changer les rapports de pouvoir est une des réponses.

Nous vous invitons donc à rejoindre nos comités de secteurs, participer à nos assemblées de délégué-e-s, ou simplement à venir à nos permanences (cliquez ici pour les horaires).

Mirella Falco

Extrait de SITinfo de mai 2012



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