Un double OUI pour protéger les vendeuses et les vendeurs

Initiative syndicale

Le SIT appelle au double OUI le 27 novembre prochain pour protéger le personnel de la vente : à l’initiative « Touche pas mes dimanches » bien sûr, que le SIT a co-lancée, mais également au contre-projet concocté au Grand Conseil, qui comporte l’obligation d’une CCT étendue dans ce secteur à forte sous-enchère.

Le dimanche : une liberté en danger

L’initiative « Touche pas mes dimanches », soutenue par le SIT lors de son lancement, a un but préventif. Elle veut protéger le statu quo en matière d’ouverture des magasins. Si elle est acceptée, les centres commerciaux genevois ne pourraient pas employer leur personnel le dimanche, même si le canton devait être défini « zone touristique » ou si à l’avenir les lobbys de la grande distribution remettent la pression pour faire du dimanche un jour ouvrable comme les autres. L’initiative ne remet pas en question les actuelles dérogations pour la gare, l’aéroport ou encore les shops de stations-services. L’initiative permet à la population de s’exprimer une fois pour toutes sur l’ouverture des commerces le dimanche.

Le dimanche est pour beaucoup le seul jour pour se rencontrer en dehors du travail. Le personnel de la vente n’a aucune envie de travailler le dimanche. Ouvrir les centres commerciaux ce jour-là priverait demain 20’000 personnes et leurs proches de l’occasion de se retrouver. Le SIT soutient donc en premier lieu l’initiative.

Ouvertures conditionnées

Le contre-projet adopté par une majorité formée de la gauche et du MCG au parlement autorise les commerces à ouvrir 3 dimanches par an en plus du 31 décembre jusqu’à 17h. Mais en contrepartie il fixe que ces ouvertures ne sont possibles que si une CCT étendue de force obligatoire qui s’applique à tous les commerce est négociée entre les partenaires sociaux et protège tout le personnel contre la sous-enchère salariale qui est très répandue dans le secteur.

Tout en déplorant les 3 dimanches d’ouverture en plus du 31 décembre, ce sont les syndicats qui ont convaincu le parlement d’inclure cette « clause guillotine » dans le contre-projet, contre l’avis du patronat, de la droite et du Conseil d’Etat.

améliorer les conditions de travail

Si le contre-projet est accepté, et si les commerces qui l’ont déjà annoncé souhaitent ouvrir le dimanche, l’obligation légale d’une CCT étendue peut se révéler un avantage de taille pour le personnel et les syndicats. L’actuelle CCT est faible et ne protège pas suffisamment les salarié-e-s : les salaires minimaux sont bas, les contrôles sont insuffisants, les horaires sont lourds et il n’existe aucune limitation à la flexibilité horaire dans un secteur où les deux tiers du personnel sont des femmes. Aux syndicats et au personnel de profiter de l’obligation de CCT afin d’élargir les revendications : meilleurs salaires, frein à la flexibilité horaire, jours fixes de congé, amélioration des contrôles, etc., et de refuser de signer une CCT qui ne prévoit pas suffisamment de protections en mettant la pression sur les employeurs dont les velléités d’ouvrir 3 dimanches par an sont déjà confirmées.

Parce que tant l’initiative que le contre-projet peuvent améliorer le sort des vendeuses et des vendeurs, le SIT appelle à glisser un double OUI dans l’urne. Et parce l’interdiction du travail du dimanche est un enjeu majeur pour l’ensemble des salarié-e-s, il s’agit de privilégier l’initiative dans la question subsidiaire.

Manuela Cattani



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