Des objectifs de "rentabilité" sont imposés au personnel de l’OCE, sur le dos des chômeurs-euses

Des objectifs individuels de résultats sont imposés aux conseillers-ères en personnel de l’OCE depuis ce printemps. Pire, le personnel doit signer un contrat ou « convention d’objectif » et s’engager sur le fait qu’un certain pourcentage de son portefeuille (de chômeuses-eurs) ne dépasse pas 1 an de chômage. En signant ce contrat, l’employé-e de l’OCE est acculé-e de façon individuelle à limiter le chômage de longue durée.

Cet objectif se base sur l’exécution de la loi sur l’assurance chômage (LACI) et de la LSE et l’Accord ORP/LMMT 2015-2018 signé entre la Confédération (le SECO) et le canton de Genève (le magistrat responsable du DEAS, Monsieur Poggia). Le but principal de cet accord selon ses termes est de « diminuer le dommage pour l’assurance-chômage ». Pour ce faire 4 indicateurs de résultat ont été mis en place pour faire un pilotage des « OCE » afin de vérifier et comparer les « OCE » de toute la Suisse et voir si les objectifs de la LACI sont atteints.

Transformer un indicateur statistique fédéral de pilotage en un objectif de résultat individuel sur le dos d’un-e conseillers-ère en personnel de l’OCE relève d’un raccourci dangereux et va à l’encontre d’une solidarité d’équipe et d’un management sain d’un service public.

Pour le personnel, un tel objectif individuel de résultat comprend des risques, il n’est pas acceptable et inadéquat pour un service public :

- il met la pression sur le personnel contraint de signer ce contrat d’objectif (basé sur des chiffres contesté par le personnel qui a demandé en vain une explication). Or, d’autres outils d’évaluation des prestations du personnel existent (« les entretiens périodiques d’évaluation des prestations »).

- il risque surtout de favoriser l’effort consacré au placement de certain-e-s chômeurs-euses et d’en délaisser d’autres et de créer une inégalité de traitement en eux-elles.

Les syndicats dénoncent l’individualisation des responsabilités du personnel face au chômage de longue durée. Cet outil de convention sert également à comparer les résultats entre collègues et entre équipes et ne peut qu’instaurer un climat de travail malsain. Une telle convention d’objectif de travail pour les CP demeure déconnectée des réalités du marché du travail (selon les typologies des demandeurs-euses d’emploi, les branches de travail, etc.). Les CP, pour remplir cet objectif, risquent de devoir choisir qui placer en priorité pour l’atteinte des résultats et se questionnent à juste titre de comment procéder.

Genève a besoin d’autres outils pour lutter contre le chômage de longue durée et non pas pour faire pression dangereusement sur le personnel, qui travaille avec des humains et non pas des dossiers ou des marchandises et qui font déjà tout leur possible avec des moyens insuffisants.

Les syndicats sont mandatés pour demander le retrait de cet outil, mettent en garde contre les risques pour les CP et dénoncent la perte de sens du travail au sein d’un service public important. Un service public doit garantir l’égalité de traitement pour les chômeurs-euses et l’adaptation des mesures proposées aux réalités du marché du travail.


Pour les contacts :

Françoise Weber, Secrétaire syndicale (SIT)
022 818 03 00 ou 079 792 86 48
fweber@sit-syndicat.ch

Corinne Béguelin, Secrétaire syndicale (SSP)
022 741 50 80 ou 078 898 81 07
c.beguelin@sspge.ch



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