Votations LPP en mars, non à la baisse des rentes

- Suite à la décision du parlement, le 19 décembre 2008, de baisser encore le taux de conversion des avoirs du deuxième pilier en rentes, référendum avait été lancé pour contrer cette nouvelle attaque contre le système de retraite. Soutenu par les organisations syndicales dont le SIT évidemment, ce référendum a rapidement recueilli les signatures nécessaires et 200’000 paraphes ont pu être déposés en avril dernier. Après cette belle victoire référendaire, il s’agit désormais de gagner la votation qui aura lieu le 7 mars prochain.

Pour rappel, cela fait déjà plusieurs années que la prévoyance professionnelle fait l’objet de mesures visant à l’affaiblir, au bénéfice de l’épargne privée (3ème pilier). Lors de la première révision de la LPP, en 2005, il avait déjà été prévu de réduire sur 10 ans le taux de conversion de 7.2% à 6.8%, celui-là même que les autorités veulent encore abaisser aujourd’hui à 6.4%. Par ailleurs, les assureurs privés ont obtenu à plusieurs reprises ces dernières années que le taux minimum d’intérêt sur les avoirs de vieillesse soit abaissé bien en dessous des 4% qui ont été en vigueur depuis que la LPP existe. Ce faisant ils effectuent un transfert des salariés à leurs actionnaires des bénéfices effectués sur les avoirs de prévoyance. Ce sont enfin les caisses à financement mixte (capitalisation et répartition) qui sont mises sous pression afin de passer en capitalisation intégrale. Cette évolution est corrélative le plus souvent de l’abandon des systèmes à primauté de prestations pour ceux à primauté de cotisation, ce qui implique une perte de solidarité entre salariés et de sécurité dans les prestations à venir. Moins de garantie pour les salariés, moins de solidarité entre les générations, plus d’argent livré à la spéculation, voici en fin de compte les orientations de la politique fédérale de prévoyance.

S’il n’était pas possible de s’opposer aux baisses de taux d’intérêt car décidés par ordonnance, il n’en devenait que plus évident de s’opposer à une nouvelle baisse du taux de conversion. Il était impératif de donner un signal fort de l’attachement de la population à un système de prévoyance qui permette à toutes et tous de bénéficier d’une retraite décente, signal qu’il s’agit désormais de confirmer en votation populaire.

Une campagne difficile

Cette première grande bataille de l’année sur le front social, année qui s’annonce riche en la matière, sera très disputée car l’enjeu, financièrement parlant, est de taille. Et les partisans de la baisse des rentes, qui ne se trompent pas sur leurs intérêts, ont déjà annoncé qu’ils mettront d’importants moyens dans cette campagne. On entendra ainsi à toutes les sauces que cette mesure est nécessaire pour sauver notre système de retraite de la faillite que ne manqueront pas de causer les effets conjugués du vieillissement de la population et la baisse de rendement des marchés financiers. Il est en même pour déclarer qu’un non le 7 mars poussera les caisses de prévoyance à se lancer dans des spéculations hasardeuses pour tenter d’atteindre une performance suffisante… ce qui est proprement le monde à l’envers quand on sait que ce sont précisément les défenseurs du 2ème pilier qui se sont toujours opposés, hélas partiellement sans succès, à l’augmentation des placements sur les marchés financiers au profit d’une gestion à long terme et que ce sont ces mêmes placements qui sont aujourd’hui les responsables des problèmes financiers des caisses. Quant à l’argument démographique, cette donnée a déjà été prise en compte dans la réforme de 2005 qui a conduit à un abaissement du taux de conversion.

Des arguments fallacieux

Il ne faut donc pas se laisser abuser par les larmes de crocodile des assureurs, relayés par le Conseil fédéral. Leur tentative de culpabilisation des actifs d’aujourd’hui, qui feraient peser sur les générations futures un terrible fardeau, est parfaitement inadmissible. Tous les chiffres, considérés sur le long terme, qui est le temps de la prévoyance professionnelle, indiquent qu’une gestion prudente des avoirs de vieillesse permettra de financer encore longtemps les rentes selon les modalités actuelles, pourtant déjà basées sur des estimations peu optimistes. Le reste n’est qu’écran de fumée pour masquer un processus toujours plus à l’œuvre dans le domaine économico-social qui est de privatiser les gains et de socialiser les pertes, comme nous avons pu en voir quelques beaux exemples tout au long de l’année 2009. Pour que l’année 2010 ne ressemble pas à cette dernière, votez, et faîtes voter, Non le 7 mars !

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