FSASD : Une manifestation le 27 mai pour le respect du personnel

- Depuis plusieurs années maintenant la FSASD n’a eu de cesse d’accroître ses missions et prendre en charge toujours plus de personnes sans que cela se traduise par des hausses correspondantes d’effectifs. Du point de vue qualitatif, la transformation du travail a été encore plus marquée sous l’influence croisée de la course à la facturation et de la déshumanisation de la prestation au profit de procédures technocratiques. Face à une situation fortement dégradée, la mobilisation devient inévitable !

Sur les 8’000 signatures qu’ont récolté ensemble les 14 pétitions du Cartel intersyndical à l’automne dernier, 700 sont venues de la FSASD, ce qui correspond à un taux de rentrées largement supérieur à la moyenne. Ce succès relatif n’est évidemment pas dû au hasard mais à la situation du personnel devenue critique. Aujourd’hui en effet, la qualité des prestations ainsi que la sécurité des intervenant-e-s sont engagés.

Au niveau des éléments qui ont modifié ces dernières années l’environnement dans lequel se déploient les activités de l’aide et des soins à domicile, il y a d’abord le fait que la population genevoise a augmenté sensiblement, et surtout parmi elle la proportion de personnes âgées, qui constitue la clientèle principale de la FSASD (près de 75% des prestations sont fournies à des personnes de plus de 65 ans et plus de 40% à des personnes de 80 ans et plus).

Il y a aussi le plan Victoria, imposé à l’Hôpital cantonal, qui a conduit à la suppression de 200 lits, dont une bonne partie était consacrée aux soins aux personnes âgées, ainsi qu’à l’écourtement des séjours hospitaliers, ce qui représente autant de patients transférés vers les soins à domicile. Il y a encore les cas psychiques qui sont en forte augmentation et avec eux des situations toujours plus lourdes et complexes.

Par ailleurs la FSASD a été placée au centre du Réseau de soins, avec à la clé l’attribution de tâches nouvelles, comme avec la création d’une structure d’UATR (Unité d’accueil temporaire de répit) à Villereuse ou encore l’instauration du PASS (Programme d’accès aux soins), qui est venu ponctionner neuf de ses 37 postes sur la dotation ordinaire de la FSASD. Et c’est sans compter que l’institution est en train de se doter d’un nouveau système informatique qui va modifier considérablement les pratiques professionnelles et nécessiter de la formation du personnel.

Perte de sens du travail

Mais c’est surtout l’évolution, au sein de la FSASD, de l’organisation du travail elle-même qui pèse le plus lourdement sur le moral des salarié-e-s. Le manque d’effectifs y joue bien sûr son rôle en ce qu’il est source de surcharge, d’épuisement et de prises de risques inconsidérées : que ce soit à l’égard de la clientèle qu’il faut soigner toujours plus vite ou à l’égard du personnel qui se trouve intervenir seul dans des situations où la présence d’un-e collègue aurait été nécessaire. La pression des assureurs n’est pas non plus étrangère à cette dégradation de la qualité du travail, dès lors qu’elle contribue à complexifier fortement le suivi administratif des patients. Mais il est encore d’autres facteurs qui eux relèvent directement de la responsabilité de l’employeur et qui ont trait aux procédures internes devenues kafkaïennes, au manque de confiance accordé par la hiérarchie à l’égard du personnel, dont lesdites procédures témoignent d’ailleurs, ou encore à la course à la facturation.

Ce dernier point mérite que l’on s’y attarde un peu tellement il est devenu ces derniers temps un objet d’obsession. Alors même que la FSASD déclarait haut et fort que l’on était entré dans l’ère de la « qualité », la problématique du temps de travail facturable a pris récemment une ampleur considérable. Cela semble être même devenu l’alpha et l’omega du pilotage de l’institution, aux niveaux aussi bien de ses priorités que de son management. A tel point que d’injonction régulière (« il faut facturer plus ») on est passé à la référence absolue et systématique. C’est ainsi que l’on a vu apparaître ces dernières semaines, dans de nombreuses équipes, et au mépris de la protection de la personnalité, des affiches comportant le nom des collaboratrices et collaborateurs avec à côté leur taux de facturation des trois derniers mois, marqués au stabylo lorsqu’ils n’atteignaient pas les objectifs.

Ce manque de respect et de soutien de la part de la hiérarchie est véritablement la goutte d’eau qui fait déborder le vase. A des conditions de travail matériellement déjà très difficiles, il était plus qu’inutile d’ajouter la déconsidération du travail réalisé qu’implique nécessairement ce genre de méthodes.

C’est globalement le constat qui peut-être tiré de l’Assemblée générale du personnel qui s’est tenue le 28 avril dernier et qui a été l’occasion de prendre la mesure de l’épuisement des salarié-e-s et de leur colère. Colère notamment à l’encontre de la dernière mesure prise par l’employeur, de supprimer, d’ici la fin de l’année 44 postes supplémentaires. Alors que nous sommes en en pleine campagne pour une augmentation des effectifs, cette saignée est une véritable injure au personnel, dont la résolution demande d’ailleurs le gel immédiat.

Et comme il apparaît difficile de se faire entendre par les voies internes de l’institution, le personnel a décidé d’organiser une grande manifestation, le jeudi 27 mai prochain.

- Rendez-vous est donné au siège de la FSASD, au 36 avenue du Cardinal-Mermillod, à 16h00, d’où nous rejoindrons le Grand conseil, en vieille-ville.

Et comme cela pourrait ne pas suffire, le personnel envisage d’ores et déjà une grève de la facturation le 1er juin suivant.

Tract de la manifestation

Résolution de l’assemblée du personnel de la FSASD

JDC



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